mardi 1 juillet 2014

Asie, l'actu : Des propos sexistes tenus à l'Assemblée municipale de Tokyo font grand bruit au pays du soleil levant

JAPON : des propos sexistes tenus à l'Assemblée municipale de Tokyo indignent le pays


Les remarques sexistes ont volé alors qu’elle intervenait pendant une séance de l’Assemblée municipale de Tokyo. Mercredi dernier, Ayaka Shiomura, une élue de 35 ans, interroge des responsables municipaux sur la politique de la famille, quand le premier quolibet tombe: «Tu devrais te marier vite fait!» Suivi des rires d’une partie de la salle. Alors qu’elle poursuit stoïquement, évoquant les programmes de traitement de l’infertilité pour les femmes, elle est de nouveau interrompue: «Tu peux même pas avoir d’enfants?»

«Au lieu de condamner ses propos, d’autres hommes ont fait des remarques similaires, et les rires ont rempli la salle», témoigne Ayaka Shiomura sur le blog «Japan Real Time» du Wall Street Journal. «Je me suis sentie marginalisée dans cet environnement rétrograde où personne ne semblait penser que ces hommes avaient tort.»

Le récit de l’incident (visible en vidéo sur le site de la NHK) sur le blog d’un élu du même parti, qui précise qu’Ayaka Shiomura a terminé ses questions en pleurs, ainsi qu’un tweet de l’intéressée, ont vivement fait réagir sur Internet. Une pétition en ligne réclamant que l’auteur des remarques soit puni avait déjà recueilli près de 90.000 signatures lundi.



Un recours présenté par Ayaka Shiomura devant l’Assemblée municipale a dans un premier temps été refusé, au motif que l’indélicat n’avait pas pu être identifié. Ce lundi, le nom de l’auteur de l’une des remarques sexistes a finalement été rendu public. Akihiro Suzuki, un élu du Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir, a présenté ses excuses à Ayaka Shiomura, qu’il a longuement réitérées au cours d’une conférence de presse. L’homme, qui avait initialement nié toute implication, a présenté sa démission du parti.

Ces remarques ont une résonance particulière au Japon, où le Premier ministre Shinzo Abe, issu du même Parti libéral démocrate, multiplie depuis quelques mois les discours sur la nécessité d’accorder une plus grande place aux femmes au Japon. Concilier vie familiale et carrière professionnelle est une gageure pour les Japonaises, souvent contraintes pour diverses raisons de quitter leur emploi après avoir eu un enfant.

Une élue du parti Komeito, qui forme une coalition de gouvernement avec le PLD, a déclaré qu'elle ne "pardonnerait jamais" ce genre de comportement, tandis que le parti communiste a parlé d'"intolérable harcèlement sexuel".

Le Japon est l'un des pays du monde où le taux de travail des femmes est le plus bas. Qui plus est, de nombreuses femmes ne peuvent accéder au marché du travail faute de crèches pour les enfants, et quand elles ont un emploi elles sont souvent professionnellement bloquées au bas de l'échelle.

De nombreuses jeunes mamans abandonnent leur emploi dès le premier enfant. Celles qui n'en ont pas encore repoussent toujours plus la décision d'en avoir un de peur de perdre leur travail. Conséquence: le Japon a un taux de fertilité extrêmement bas (entre 1,3 et 1,4) et logiquement se dépeuple de plus en plus.Si rien n'est fait, le Japon pourrait ainsi se retrouver avec 87 millions d'habitants en 2060 contre 127 millions actuellement.


Dans les entreprises nipponnes, elles sont sous-représentées dans les postes de direction: 11 % dans le secteur privé. La situation est comparable en politique : l’assemblée municipale de Tokyo compte moins de 20 % de femmes, avec 25 élues pour 127 sièges, tandis que la proportion est encore inférieure au Parlement: 78 femmes sur 722 élus, soit 10 %.

Extraits d'articles parus sur http://quebec.huffingtonpost.ca, le 19 juin 2014 et sur Politicomag.com le 23 juin 2014.

6 commentaires:

  1. En un mot : affligeant de bêtise !!! Mais cela dit ce n'est pas mieux à l'Assemblée nationale. Espérons que les responsables soient punis. Par contre la situation vie professionnelle/vie personnelle est vraiment sidérante au Japon, en France c'est déjà compliquée, mais là c'est effrayant.

    Lady1407

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  2. Bonsoir à toutes et tous:)

    Je ne pensais pas que le Japon puisse être aussi "Phallocrate"; je suis bien déçue, qu'une nation aussi évoluée technologiquement, ait encore des comportements aussi navrant. Si j'étais des japonaise, je ferais la grève de la natalité totale, jusqu'à obtenir plus de crèche et de possibilité de combiner sans difficulté vie familiale et carrière. Et oui, moi, je suis pour les décision drastique, quand il n'y aurait plus de descendance; les protecteurs de ces régimes féodaux seraient bien obligés de cédés de peur de voir la nation se réduire très rapidement.

    Bonne soirée à toutes et tous:)

    Cordialement.

    Kathyana

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  3. Bonsoir tout le monde!!
    Merci pour cet article Ko!
    J'avais déjà lu pas mal de choses au sujet des femmes qui quittaient leur emploi dès leur mariage (on le voit souvent dans les dramas) mais je pensais que les choses allaient avancer avec la nomination de la première femme à la tête d'une banque de Tôkyô) Mais de toute évidence, c'est loin d'être le cas!!
    Outre le fait qu'il est évident que ces propos soient insultants, ces hommes qui se croient plus intelligent que tout le monde ont oublié où ils étaient! Se permettre ce genre de comportements à l'Assemblée Nationale est je trouve indigne de leur charge!
    Bonne soirée à vous tous!

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  4. Je voulais faire un article d'actualité et parmi les sujets du moment, celui-ci m'a beaucoup parlé en tant que femme et pose réellement le problème de la femme japonaise au sein de la société, du regard des hommes sur cette place et le peu de manœuvre qu'elles ont hormis le fait de ne pas faire d'enfant, ce qui soulève la question de et la baisse de la fécondité et de la natalité au Japon, très préoccupante pour un pays qui se veut dynamique mais qui contre l'immigration. C'est pourquoi ils développent autant la robotique (enfin, je trouverais toujours malheureux de remplacer l'humain par la machine !).

    Bonne soirée les filles et les copains, Ko

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  5. Ton article ne m'étonne pas du tout .
    Comme l'a écrit Larie dans les dramas on voit souvent que la femme qui va se marier ce doit de démissionner .
    Et puis j'avais vu un documentaire , dans les restaurants pendant le temps de midi, la majorité étaient des femmes mariées qui venaient mangé seule .
    Le soir après le boulot la majorité des hommes vont mangé entre collègues et s'est mal
    vu si tu ne le fait pas et il va de soit qui faut savoir tenir l’alcool
    Mais là je ne vois que de la pure grossièreté , indigne de ce qui représente !!!

    Ha-Naa

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  6. Effectivement, c'est triste, mais ô combien vrai, hélas.
    Comparée à un pays comme la France (où il y a encore beaucoup à faire), le cas du Japon est plus que préoccupant.

    Comme tu dis Ko, le pays développe massivement la robotique pour ne pas recourir à l'immigration. Mais il sait que ce ne sera pas suffisant... d'où l'idée d'ouvrir le marché du travail aux femmes.
    Mais les mentalités ont la vie dure, et pour l'instant, rien n'incite les femmes à travailler : quand elle le font, elles sont souvent à temps partiel, on des postes sans grandes responsabilités. Quand elles se marient, elles sont encore gentiment orientées vers la sortie de l'entreprise... c'est au Japon, l'éducation des enfants passe exclusivement par la femme.

    On comprend mieux la réticence de celles qui travaillent (surtout à un poste à responsabilité) de s'arrêter, ne serait-ce que quelques mois, pour privilégier une maternité...

    Espérons que les mentalités évoluent...

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